Bio

De l’auteur

Né à Elisabethville (aujourd’hui Lubumbashi, dans la province du  Katanga),  en République démocratique du Congo où il a été confronté à un certain nombre de défis dans un environnement affecté par la guerre ; la plupart de son enfance s’est passée des déplacements d’un endroit à l’autre pendant que le pays cherchait à se stabiliser, du régime des  Belges à celui de Mobutu en passant par plusieurs autres dirigeants politiques qui l’ont précédé.

À un très jeune âge déjà, il a été exposé aux atrocités de la  guerre civile après l’indépendance en 1960. A Élisabethville, pendant la sécession katangaise, il a vu des personnes s’entretuer sur base de leur affiliation politique ou tribale.  Au cours de la sécession katangaise,  sa famille et lui se sont de fois refugiés en brousse  pour échapper aux combats entre l’armée congolaise, appuyée par les troupes de l’ONU, et la gendarmerie katangaise, l’armée sécessionniste.

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Dans la ville de Stanleyville (aujourd’hui Kisangani, à environ 1377 km d’Élisabethville), en Province Orientale, où sa famille a été déplacée après la sécession katangaise, il a vécu des atrocités sans précédent. En 1964, les rebelles Simba de l’Armée de libération du Congo ont commis des atrocités contre la population et les résidents étrangers de la ville, en particulier les fonctionnaires de l’État, des ressortissants belges, américains et ceux qu’ils croyaient occidentalisés.

Comme beaucoup d’enfants de son âge, il a été contraint à assister aux exécutions, que  les rebelles Simba  menaient  avec une extrême cruauté, à la Place Lumumba, maintenant renommée Place des Martyrs, ainsi que des traitements inhumains et dégradants qu’ils infligeaient. Pire encore, il a vécu, impuissant, le viol à plusieurs reprises de sa feue belle-mère aux mains de celui qui a une fois été le domestique de la famille, après avoir rejoint le camp de rebelles Simba. Grâce à la présence d’otages occidentaux à Stanleyville, il a été sauvé par les paras belges et les ex-gendarmes Katangais qui étaient venus les libérer et, il a été transporté à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa).

Les rebelles Simba  étaient dirigés par Gaston Soumialot, Christophe Gbenye, Pierre Mulele et Laurent Kabila.

 

Bien qu’il se soit retrouvé  dans des conditions de plus en plus difficiles et quelquefois dans le désespoir, c’était les leçons et la faveur qui lui ont été accordée au cours de sa vie qui l’ont poussé à aspirer à plus dans son avenir, en particulier au seuil de l’âge adulte qui approchait. Il a saisi l’opportunité d’étudier avec dévouement, de terminer ses études secondaires et, de s’inscrire plus tard à l’université.

Cependant, le profilage social à l’époque de Mobutu ne lui a pas permis de trouver un emploi, comme il venait du Katanga et son père étant un ex-gendarme katangais, un sécessionniste. Après quelques années de chômage, il a réussi à obtenir un emploi dans une compagnie d’État grâce à une relation et a progressivement gravi les échelons.

À la compagnie d’état, il a été exposé à des démons de la division, au tribalisme, au sectarisme, au favoritisme et au colportage de biens publics. Il s’est aperçu très tôt qu’un jour les robinets se fermeraient  et les coffrets se videraient; tandis que les personnes continueraient à se diviser. Il avait besoin de s’en tenir lui-même à des normes différentes ; c’est ainsi qu’il commença  à chercher au-delà des frontières de la RDC, si sa famille et lui devaient survivre dans ce monde.

C’est alors qu’il a tourné son regard vers l’Afrique du Sud, où on lui a offert une possibilité d’emploi dans les années 1980 et s’y est installé, pour pouvoir y bâtir une base stable à sa famille qui l’y a rejoignit peu après.  Très rapidement, en Afrique du Sud, il s’est senti comme chez lui. Le fait d’être dans cet environnement diversifié et démocratique lui a ouvert l’esprit et a changé sa perception des questions politiques et sociales ainsi que leurs multiples impacts de gouvernance sur le continent africain.

En considérant la situation socio-économique et politique présente de la RDC, le pays semble toujours être sans espoir et ses perspectives d’avenir apparaissent sombres. Les souffrances du peuple congolais et le pillage de ses ressources naturelles se poursuivent sans relâche.

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Il y a 52 ans, il a été sauvé de rebelles Simba à Stanleyville par les paras belges et les ex-gendarmes Katangais qui sont venus pour libérer, en premier lieu,  les otages occidentaux. Aujourd’hui, il n’y a pas d’otages occidentaux à l’Est de la RDC ; il n’y a pas de  parachutistes belges ou encore des campagnes d’évacuation aérienne par les Occidentaux, dans les champs de la mort de Goma, Kisangani, Bunia, Bukavu, et Beni, où plus de 6 millions de personnes ont été massacrées, ces 10 dernières années et des millions d’autres personnes déplacées pour les richesses du sous-sol congolais.

Quand les tueries s’arrêteraient-elles? Quand est-ce que la dépopulation systématique de l’Est du Congo va-t-elle s’arrêter ?

kabila-cartoon-beni-all-that-is-true-can-be-drawnIl a vu une lueur d’espoir lorsque l’Afrique du Sud a pris position pour les droits de l’homme et la démocratie au Congo. Toutefois, avec les élections présidentielles en RDC qui s’approchent, des flashbacks de son enfance se représentent, à nouveau, en voyant le Congo se replonger dans les mêmes conditions où il était déchiré par la guerre ;  cette fois-ci, en usant des fusils et des soldats invisibles comme les armes utilisées se sont transformées, non seulement en métal, mais aussi en pouvoir, viols, pillage  des ressources naturelles du pays et, dans certains cas, en cannibalisme.

Compte tenu de tout ce que l’Afrique du Sud a fait pour la RDC, c’est une honte de s’asseoir et regarder le pays s’effondrer comme si la démocratie est une  idée farfelue alors que l’Afrique du Sud est un exemple des possibilités de la démocratie et son efficacité en Afrique. Il est temps que les Congolais comprennent que la démocratie crée des réussites durables telles que la paix, la stabilité et le développement économique.

C’est la raison d’être de ce blog et la série de réflexions qui suivent.

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