Jusqu’à quand le Peuple Congolais supporterait-il de rester en exil sur sa propre terre?

Le Moment est venu de se prendre en charge

Dans son adresse aux chrétiens de Kinshasa, à l’occasion de Noël 2018, Mgr Fridolin Ambongo Besungu, s’est exprimé au sujet des élections prévues le 30 décembre 2018. « Est-ce excessif d’affirmer que le peuple congolais est en exil sur sa propre terre ? », s’est-il demandé.

Les interminables conflits armés et insécurité au Congo qui ont fait déplacer plus de 4,5 millions de personnes dans le pays, auquel s’ajoutent 13,1 millions de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire. Avec l’intensification des conflits armés à l’Est du pays, la situation humanitaire s’est encore considérablement détériorée.

Pendant ce temps, l’instrumentalisation et la privatisation des institutions de l’Etat par une poignée d’individus ont permis à ceux-ci de détourner la quasi-totalité des ressources du pays pour servir leurs intérêts au détriment de 80 millions des congolais. Dans ce lot, qui ne dépasse pas 500 personnes, on y retrouve les Kabila, les Lembe, les She, les Kikaya, les Nangaa, les Kalev, les Mende, les Tambwe, les Néhémie, les Numbi, les Nkulu, les Mova, les Kimbuta, les Kapopo, les Atundu, les Minaku, les Kasamba, les Kengo, les Mokolo, les Bitakwira, etc.…

Est-ce excessif d’affirmer que nous sommes en exil sur notre propre terre ? Non, comment ce régime peut-il justifier l’exclusion de 1.247.600 électeurs des territoires de Beni, Yumbi et la ville de Butembo, soit 60% de l’électorat du Nord-Kivu, 4 jours avant les élections ?  

Avec les échéances électorales du 30 décembre 2018, le peuple congolais pourrait maintenant aspirer à la paix et un avenir meilleur que les 17 ans du régime Kabila (le « POUVOIR, le FCC). A ce propos, Mgr Fridolin nous prévient que « la vraie paix aujourd’hui », c’est de non seulement organiser les élections ce 30 décembre 2018, mais « c’est aussi que les résultats qui seront publiés puissent réellement refléter la volonté du peuple exprimée dans les urnes ».

En ce tournant historique, la majorité du Peuple Congolais veut en finir avec ce « POUVOIR », qui cherche à se maintenir par touts les moyens. Pendant que le terrain de jeu politique est fortement biaisé en faveur du candidat Shadary de FCC, les rassemblements de l’opposant Fayulu de LAMUKA ont toutefois été perturbés par les forces de sécurité et, dans certains cas, ses partisans ont été tués.

Comme le FCC tient à garder le pouvoir à tout prix, nous pensons qu’une grande partie du «truquage» des élections en faveur de Shadary aurait déjà été accomplie par la CENI bien avant le jour du scrutin. Les résultats, « électroniquement programmés » par la CENI, donnent la victoire à Shadary quelque soit le scenario. Pour preuve nous pouvons nous référer à la confidence dans les propos du Conseiller Diplomatique du Président, Kikaya bin Karubi : «Shadary a battu campagne non que dans des villes pour faire du spectacle mais jusque dans le Congo profond. Ainsi, la victoire du candidat 13 [Shadary] est «mathématiquement une certitude» ; et ceux de Mende : « Martin Fayulu n’a pas fait campagne, il prépare la contestation des élections et nous l’attendons au tournant. Nous avons les moyens humains et politiques. »

En réalité, malgré toutes les ressources de l’Etat mises à sa disposition par le « POUVOIR »,   Shadary est resté impopulaire à travers l’ensemble du pays. Par contre, en dépit des obstacles mis sur leur parcours par les forces de sécurité, les candidats présidentiels de LAMUKA et UDPS (par ordre alphabétique) ont drainé des marées humaines partout où ils sont passés pendant la campagne électorale. Cette manifestation de soutien populaire est importante pour l’opposition, car elle est un indicateur de la réaction de la population congolaise à une élection frauduleuse, c.à.d, une élection dont les résultats ne « reflètent pas la volonté du peuple exprimée dans les urnes ».

En conséquence, à l’approche des échéances électorales du 23 décembre 2018,  le « POUVOIR » a été pris de panique face à cette réalité. D’où les brusques et grands mouvements des militaires à travers le pays. En plus des moyens logistiques, des tels mouvements demandent du temps. Et le temps, ils n’en avaient pas ; ils devaient en créer avant le 23 décembre 2018. Par nécessité, ils ont dû brûler l’entrepôt de la CENI pour justifier la décision unilatérale de la commission électorale, à trois jours des échéances électorales,  de reporter les élections au 30 décembre 2018, pour des raisons « techniques ».

Comme avec l’accord de la St Sylvestre, ce report a tout simplement donné à Kabila le temps dont il avait besoin pour positionner ses forces de sécurité. Ainsi Kabila a mis en marche sa stratégie de validation des élections du 30 décembre 2018, à savoir :

  • La publication des résultats « électroniquement programmés » par la CENI, donnant la victoire à Shadary.
  • L’achat des consciences, en particulier celles des observateurs et des  « perdants » validés.
  • Le rapport biaisé des observateurs de SADC et de l’Union Africaine.
  • La Cour constitutionnelle pour bloquer toute plainte de fraude électorale.
  • Les services de sécurité (police et armée) positionnés à travers le pays pour réprimer les soulèvements populaires.
  • L’exclusion des observateurs occidentaux (qui font leur travail avec beaucoup d’éthiques).
  • La souveraineté du Congo, pour rallier à sa cause ses compères africains qui s’accrochent au pouvoir.

Pour tirer notre pays de l’emprise de ce « POUVOIR », nous devons maintenir la pression et l’activisme populaires que nous avons exercés au cours de ces trois dernières années, et user des outils que nous donne la constitution pour faire partir ces « fossoyeurs de notre démocratie ».

Dominique Kitambala Luwi

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