Pourquoi l’ONU doit demeurer déterminée en RDC

 

Casques bleus uruguayens dans la banlieue de Goma, RD du Congo

Casques bleus uruguayens dans la banlieue de Goma, RD du Congo

En janvier 2018, Joseph Kabila a lancé une attaque acerbe contre l’ONU en affirmant que sa mission au Congo (MONUSCO) n’a jamais « éradiqué » un seul groupe armé, depuis près de 20 ans. Il a également prévenu la mission de ne pas considérer le pays comme « sous tutelle  des Nations Unies. »[1]

Quelques semaines plus tard, le nouveau chef de la MONUSCO a pris ses fonctions, le 11 février 2018, au milieu des tensions accrues entre l’ONU et le gouvernement. Une partie de son mandat consiste à superviser la mise en œuvre complète de l’Accord du 31 décembre 2016 négocié par la CENCO.

Parmi les causes de l’aggravation des tensions entre l’ONU et le gouvernement de Kabila, il y a la position de l’ONU pour s’assurer que l’accord de la CENCO est pleinement mis en œuvre avant que les élections puissent avoir lieu. Cela est nécessaire car il renforce les règles du jeu politique ; ce qui permet la tenue d’élections crédibles et le retour du pays au constitutionnalisme et à la démocratie, dans l’espoir de parvenir à la stabilité tant attendue pour le Congo.

La mission initiale de l’ONU (1er juillet 2010) n’a jamais été de combattre pour le compte du gouvernement, comme l’a insinué Kabila, mais de surveiller et de maintenir la paix, y compris la protection des civils, le personnel humanitaire et les défenseurs des droits de l’homme sous la menace imminente de violence physique et de soutenir le gouvernement de la RDC dans ses efforts de stabilisation et de consolidation de la paix. Bien que le mandat de la MONUSCO ait été élargi par la suite avec la dotation d’une « Brigade d’intervention » spécialisée pour faire face aux vagues récurrentes de conflit dans l’est de la RDC, le mandat initial en est resté principalement le suivi et le maintien de la paix.

 

C’est cette partie du mandat de la MONUSCO qui semble enrager Kabila, considérant les preuves de plus en plus nombreuses des violations des droits humains commises par ses forces de sécurité, alors qu’ils font tout leur possible pour le maintenir au pouvoir. Comme un projecteur dans les ténèbres, la MONUSCO met en lumière des preuves de violations des droits de l’homme commises au Congo. Vu dans ce contexte, l’attaque de Kabila contre la présence de la MONUSCO en RDC, pourrait être le résultat de sa colère, notamment à la lumière de la répression brutale des manifestations pacifiques et de violations croissantes des droits de l’homme.

 

Kabila ne veut pas que le Congo soit exposé par la MONUSCO, mais préfère l’obscurité qui enveloppe sur le pays pour couvrir ses crimes.

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[1] New head of UN’s DRC mission takes office amid tensions, https://www.news24.com/Africa/News/new-head-of-uns-drc-mission-takes-office-amid-tensions-20180212

 

Dominique Kitambala Luwi

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